Comprendre l’intermittence Ă©olienne et le phĂ©nomène de foisonnement pour optimiser la production d’Ă©nergie

La transition vers un modèle dĂ©carbonĂ© ne se rĂ©sume pas Ă  planter des mâts dans nos campagnes. C’est avant tout une Ă©quation complexe oĂą la physique du vent rencontre la rigueur de l’ingĂ©nierie Ă©lectrique. Aujourd’hui, alors que nous progressons vers des objectifs climatiques ambitieux, la question de l’intermittence Ă©olienne devient centrale. On ne peut plus se contenter d’installer des capacitĂ©s de production sans rĂ©flĂ©chir Ă  la manière dont elles s’insèrent dans un rĂ©seau qui, lui, ne tolère aucune approximation. Le vent est par nature capricieux, changeant de direction et d’intensitĂ© sans se soucier de nos pics de consommation hivernaux ou de nos besoins industriels constants. Cette variabilitĂ© impose une gymnastique permanente aux gestionnaires de rĂ©seaux qui doivent compenser chaque baisse de rĂ©gime par d’autres sources ou par une gestion fine de la demande.

Le dĂ©fi technique de l’intermittence Ă©olienne en situation rĂ©elle

L’intermittence Ă©olienne est souvent perçue comme un simple interrupteur qui s’allume ou s’Ă©teint, mais la rĂ©alitĂ© du terrain est bien plus nuancĂ©e. En tant qu’ingĂ©nieurs, nous analysons cela via le facteur de charge, qui reprĂ©sente le rapport entre l’Ă©nergie rĂ©ellement produite et celle qu’une Ă©olienne aurait gĂ©nĂ©rĂ©e si elle avait tournĂ© Ă  plein rĂ©gime en permanence. En France, ce chiffre oscille gĂ©nĂ©ralement entre 20 % et 25 % pour l’Ă©olien terrestre. Cela signifie que pour obtenir une puissance garantie, il faut surdimensionner le parc de façon colossale. Ce n’est pas une fatalitĂ©, mais une donnĂ©e d’entrĂ©e qu’il faut intĂ©grer dès la conception des projets. Les ressources Ă©oliennes sont abondantes, mais leur disponibilitĂ© n’est pas synchronisĂ©e avec l’allumage des radiateurs dans une maison lyonnaise en plein mois de janvier.

Prenons un exemple concret pour illustrer cette dynamique. Imaginez une semaine de calme plat sur l’ensemble du territoire, un phĂ©nomène mĂ©tĂ©o que les spĂ©cialistes appellent une « anticyclone de blocage ». Dans ce scĂ©nario, mĂŞme avec des milliers d’Ă©oliennes installĂ©es, la production chute Ă  un niveau quasi nul. C’est lĂ  que le concept d’Ă©nergie fatale prend tout son sens : l’Ă©lectricitĂ© est produite quand le vent souffle, pas quand on en a besoin. Cette dĂ©connexion entre l’offre et la demande crĂ©e des tensions sur les prix de gros, menant parfois Ă  des prix nĂ©gatifs lorsque l’offre excède massivement la consommation, obligeant les producteurs Ă  payer pour Ă©vacuer leur Ă©lectricitĂ©.

L’optimisation Ă©nergĂ©tique passe donc par une meilleure comprĂ©hension des rĂ©gimes de vent. Il ne s’agit pas seulement de chercher les zones les plus ventĂ©es, mais de diversifier les implantations pour capter des flux diffĂ©rents. La gestion de la production exige une vision systĂ©mique. Si l’on regarde la situation en 2026, l’intĂ©gration des donnĂ©es mĂ©tĂ©o haute rĂ©solution permet dĂ©sormais de prĂ©voir avec une prĂ©cision de 95 % la production Ă  24 heures. Cependant, l’imprĂ©visibilitĂ© rĂ©siduelle nĂ©cessite toujours des unitĂ©s de secours, souvent appelĂ©es « back-up », prĂŞtes Ă  dĂ©marrer au quart de tour. C’est un coĂ»t cachĂ© de la transition qu’il faut assumer pour garantir la sĂ©curitĂ© d’approvisionnement de nos foyers.

Pour mieux comprendre ces enjeux de stabilitĂ©, il est utile de comparer les diffĂ©rentes sources de production. On voit souvent des dĂ©bats passionnĂ©s sur le mix idĂ©al. Pour aller plus loin sur ce sujet, je vous invite Ă  consulter cette comparaison entre Ă©nergie nuclĂ©aire et renouvelable qui dĂ©taille les forces de chaque technologie. Le secret rĂ©side dans la complĂ©mentaritĂ© plutĂ´t que dans l’opposition frontale entre pilotable et intermittent.

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L’influence de la topographie sur les variations de vent

Chaque territoire possède sa propre signature venteuse. Une Ă©olienne situĂ©e sur les plateaux de l’Aveyron ne rĂ©agira pas de la mĂŞme manière qu’une turbine installĂ©e sur les cĂ´tes de la Manche. Les variation de vent locales sont influencĂ©es par le relief, la rugositĂ© du sol et mĂŞme la tempĂ©rature de l’air. En ingĂ©nierie, on utilise des modèles mathĂ©matiques complexes pour simuler ces comportements. On ne place pas un mât au hasard : on Ă©tudie les turbulences et les effets de sillage, car une Ă©olienne placĂ©e juste derrière une autre verra son rendement chuter drastiquement Ă  cause de l’air perturbĂ© par sa voisine.

L’enjeu est de transformer cette contrainte en opportunitĂ©. En installant des parcs dans des zones gĂ©ographiques aux rĂ©gimes climatiques distincts, comme le rĂ©gime ocĂ©anique, le rĂ©gime mĂ©diterranĂ©en et le rĂ©gime continental, on rĂ©duit statistiquement les pĂ©riodes de production nulle. C’est un peu comme diversifier un portefeuille d’actions pour limiter les risques. Mais attention, rĂ©duire ne veut pas dire Ă©liminer. Les donnĂ©es montrent que mĂŞme Ă  l’Ă©chelle europĂ©enne, il existe des moments oĂą le vent tombe partout simultanĂ©ment. C’est lĂ  que la solidaritĂ© entre rĂ©gions et nations devient le pilier de notre confort Ă©lectrique.

Le foisonnement est-il un remède miracle pour lisser la production ?

On entend souvent dire que « le vent souffle toujours quelque part ». C’est le principe du foisonnement. Sur le papier, l’idĂ©e est sĂ©duisante : si la production baisse en Bretagne, elle sera compensĂ©e par une accĂ©lĂ©ration des pales en Occitanie. Mais la rĂ©alitĂ© statistique est plus tĂŞtue. Les Ă©tudes montrent que si le foisonnement permet effectivement de lisser les petites variations rapides, il est impuissant face aux grands phĂ©nomènes mĂ©tĂ©orologiques qui couvrent souvent plusieurs pays d’Europe simultanĂ©ment. On ne va pas se mentir : compter uniquement sur la dispersion gĂ©ographique pour stabiliser le rĂ©seau est une erreur de dĂ©butant que nous ne pouvons plus nous permettre en 2026.

Le foisonnement fonctionne correctement Ă  petite Ă©chelle, pour attĂ©nuer les micro-fluctuations de quelques minutes. En revanche, pour les cycles de plusieurs jours, la corrĂ©lation entre les sites reste forte. Si une dĂ©pression traverse la France d’ouest en est, la production Ă©olienne va certes se dĂ©caler dans le temps d’une rĂ©gion Ă  l’autre, mais elle finira par s’arrĂŞter globalement une fois le front passĂ©. Cela signifie que le besoin de capacitĂ©s de stockage ou de centrales pilotables reste quasi identique, que l’on ait 10 ou 100 parcs Ă©oliens rĂ©partis sur le territoire. Le bĂ©nĂ©fice du foisonnement se situe davantage dans la rĂ©duction des pics de production trop massifs qui pourraient saturer les lignes Ă©lectriques locales.

Pour visualiser l’efficacitĂ© rĂ©elle de ce lissage, on peut regarder les donnĂ©es de production agrĂ©gĂ©es au niveau national. On observe que l’amplitude des variations reste très importante par rapport Ă  la consommation. L’optimisation Ă©nergĂ©tique consiste donc Ă  utiliser le foisonnement non pas comme une solution unique, mais comme un outil parmi d’autres dans la boĂ®te Ă  outils de l’ingĂ©nieur. Il permet de dimensionner les câbles de manière plus intelligente, en Ă©vitant de construire des autoroutes Ă©lectriques qui ne serviraient qu’une poignĂ©e d’heures par an lors de tempĂŞtes exceptionnelles.

La gestion de ce foisonnement nĂ©cessite des investissements massifs dans les infrastructures. Les rĂ©gions jouent un rĂ´le moteur dans cette dynamique. Par exemple, le dynamisme des Ă©nergies renouvelables en Occitanie montre comment une politique locale forte peut aider Ă  structurer un rĂ©seau capable d’absorber ces flux variables tout en crĂ©ant de la valeur sur le territoire. C’est une approche pragmatique qui allie technique et Ă©conomie locale.

Caractéristique Éolien Terrestre Éolien Offshore Photovoltaïque
Facteur de charge moyen 22 % – 26 % 35 % – 45 % 13 % – 16 %
Prévisibilité (J+1) Élevée Très élevée Excellente
Besoin en foisonnement Modéré Faible Nul (cycle jour/nuit)
Coût de raccordement Standard Élevé Variable

L’analyse statistique des corrĂ©lations de production

Pour comprendre pourquoi le foisonnement ne règle pas tout, il faut s’intĂ©resser Ă  la corrĂ©lation. En mathĂ©matiques, si deux parcs produisent exactement la mĂŞme chose au mĂŞme moment, leur corrĂ©lation est de 1. S’ils produisent l’inverse, elle est de -1. Pour que le lissage soit parfait, il nous faudrait des parcs avec une corrĂ©lation nĂ©gative. Or, au sein d’un pays comme la France, la corrĂ©lation entre les parcs Ă©oliens reste souvent positive, tournant autour de 0,5 Ă  0,7. Cela confirme que les vents ne sont pas assez indĂ©pendants les uns des autres pour s’annuler mutuellement et crĂ©er une ligne de production plate.

Le vĂ©ritable levier de foisonnement se situe Ă  l’Ă©chelle continentale. C’est l’interconnexion europĂ©enne qui permet de compenser un manque de vent en mer du Nord par une forte production solaire en Espagne ou hydraulique en Scandinavie. Mais lĂ  encore, cela suppose des rĂ©seaux de transport capables de faire voyager des gigawatts sur des milliers de kilomètres avec le moins de pertes possible. C’est un dĂ©fi de souverainetĂ© et de coopĂ©ration technique sans prĂ©cĂ©dent. En 2026, les systèmes Ă©lectriques sont devenus des organismes vivants, interconnectĂ©s, oĂą chaque battement d’aile de turbine Ă  Dunkerque a une rĂ©sonance jusqu’Ă  Munich.

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L’Ă©quilibre du rĂ©seau face Ă  la production fatale et variable

Maintenir 50 Hertz sur le rĂ©seau Ă©lectrique est un travail de prĂ©cision digne de l’horlogerie suisse. L’injection prioritaire des Ă©nergies renouvelables signifie que le rĂ©seau doit absorber tout ce que les Ă©oliennes produisent au moment oĂą elles le produisent. C’est ce qu’on appelle l’Ă©nergie fatale. Si la demande baisse brusquement alors que le vent forcit, on risque une surtension. Ă€ l’inverse, si le vent tombe alors que tout le monde rentre chez soi et allume ses appareils, le rĂ©seau s’affaisse. La production d’Ă©nergie doit donc ĂŞtre pilotĂ©e avec une rĂ©activitĂ© chirurgicale pour Ă©viter le black-out.

Pour gĂ©rer cette volatilitĂ©, on utilise ce qu’on appelle des « rĂ©serves de puissance ». Ce sont des centrales (souvent hydrauliques ou Ă  gaz, et de plus en plus des batteries gĂ©antes) qui peuvent augmenter ou diminuer leur production en quelques secondes. Plus la part d’Ă©olien augmente dans le mix, plus ce besoin de flexibilitĂ© devient critique. On ne peut pas simplement empiler les Ă©oliennes sans prĂ©voir ces unitĂ©s de soutien. C’est un peu comme vouloir faire rouler une voiture de course sur une route de montagne : il faut des freins et une suspension Ă  la hauteur du moteur.

Un autre aspect souvent ignorĂ© est l’inertie du système. Les centrales traditionnelles possèdent d’Ă©normes turbines en rotation qui, par leur masse, stabilisent naturellement la frĂ©quence du rĂ©seau. Les Ă©oliennes, connectĂ©es via des convertisseurs Ă©lectroniques, n’apportent pas cette inertie physique. Les ingĂ©nieurs doivent donc ruser et programmer ce qu’on appelle de l’inertie synthĂ©tique, oĂą l’Ă©lectronique de puissance simule le comportement d’une masse tournante pour Ă©viter que la frĂ©quence ne dĂ©croche au moindre incident. C’est une prouesse logicielle autant que matĂ©rielle qui assure la rĂ©silience de nos systèmes Ă©lectriques modernes.

Les solutions ne manquent pas, mais elles demandent une vision Ă  long terme. Par exemple, le dĂ©veloppement de nouvelles installations est crucial pour renouveler le parc et intĂ©grer ces technologies de pointe. On voit d’ailleurs que le gouvernement lance rĂ©gulièrement des appels d’offres pour accĂ©lĂ©rer ce mouvement tout en imposant des critères techniques de plus en plus stricts sur la stabilitĂ© des rĂ©seaux. C’est par cette exigence que nous construirons un système robuste.

Le rôle crucial des interconnexions européennes

Aucun pays ne peut gĂ©rer l’intermittence seul dans son coin sans que cela ne lui coĂ»te une fortune en stockage. L’Europe de l’Ă©nergie est une rĂ©alitĂ© physique avant d’ĂŞtre politique. En 2026, les lignes Ă  haute tension qui traversent les frontières sont les artères vitales de notre Ă©conomie. Lorsqu’un excès de vent se produit en Allemagne, l’Ă©lectricitĂ© est envoyĂ©e vers les Alpes pour pomper de l’eau dans des barrages (STEP), stockant ainsi cette Ă©nergie sous forme potentielle. Quelques heures plus tard, quand le vent tombe, cette eau est turbinĂ©e pour renvoyer l’Ă©lectricitĂ© sur le rĂ©seau.

Ce ballet incessant demande une coordination millimĂ©trĂ©e entre les diffĂ©rents gestionnaires de rĂ©seaux nationaux. On ne parle plus seulement de vendre du surplus, mais de gĂ©rer une ressource partagĂ©e. Les dĂ©fis techniques sont nombreux : il faut harmoniser les protocoles de communication, gĂ©rer les congestions sur les lignes et s’assurer que les flux transfrontaliers ne mettent pas en pĂ©ril la stabilitĂ© locale. C’est lĂ  que l’intelligence artificielle intervient massivement aujourd’hui, en analysant des millions de donnĂ©es par seconde pour optimiser ces Ă©changes en temps rĂ©el et garantir que chaque Ă©lectron produit trouve son utilitĂ© au meilleur coĂ»t pour le consommateur.

Vers une optimisation Ă©nergĂ©tique par le stockage et l’intelligence

Puisque le vent ne souffle pas toujours quand il faut, la solution logique est de garder l’Ă©nergie pour plus tard. Le stockage d’Ă©nergie est le chaĂ®non manquant qui transforme une source intermittente en une source quasi pilotable. On ne parle plus seulement de batteries lithium-ion, qui sont excellentes pour le rĂ©glage rapide de frĂ©quence mais limitĂ©es pour le stockage de longue durĂ©e. On explore dĂ©sormais massivement d’autres pistes comme l’hydrogène vert, le stockage thermique ou les volants d’inertie. L’objectif est simple : ne plus jamais gaspiller un kilowattheure de vent.

Les stations de transfert d’Ă©nergie par pompage (STEP) restent Ă  ce jour le moyen le plus efficace et le plus massif de stocker de l’Ă©lectricitĂ©. Le principe est vieux comme le monde mais d’une efficacitĂ© redoutable : deux bassins Ă  des altitudes diffĂ©rentes. En pĂ©riode de surproduction Ă©olienne, on pompe l’eau vers le haut. En pĂ©riode de besoin, on la laisse redescendre. Le rendement global est impressionnant, autour de 80 %. C’est notre meilleure arme contre la variabilitĂ©, mais elle dĂ©pend de la gĂ©ographie. On ne peut pas construire une STEP partout, ce qui nous oblige Ă  multiplier les petites solutions locales de stockage chimique ou mĂ©canique.

Parallèlement au stockage, l’intelligence des rĂ©seaux (Smart Grids) permet de dĂ©placer la consommation plutĂ´t que la production. C’est ce qu’on appelle l’effacement ou la modulation de charge. Pourquoi charger toutes les voitures Ă©lectriques Ă  18h quand tout le monde cuisine ? Des systèmes intelligents peuvent retarder la charge Ă  minuit, pile au moment oĂą le vent forcit sur les cĂ´tes. En lissant la courbe de demande, on rĂ©duit mĂ©caniquement le besoin de stocker l’Ă©nergie. C’est une approche beaucoup plus sobre et Ă©conomique qui demande simplement un peu de technologie dans nos tableaux Ă©lectriques et beaucoup de bon sens.

  • Optimisation des prĂ©visions : Utilisation de l’IA pour anticiper les chutes de vent Ă  48h.
  • FlexibilitĂ© de la demande : Pilotage intelligent du chauffage et de la recharge des vĂ©hicules.
  • Diversification technologique : Couplage de l’Ă©olien avec le solaire et l’hydraulique pour compenser les creux.
  • Renforcement des rĂ©seaux : CrĂ©ation de boucles locales pour limiter les pertes de transport.
  • DĂ©veloppement du stockage massif : Augmentation des capacitĂ©s des STEP et batteries stationnaires.

L’impact des batteries stationnaires sur la stabilitĂ© locale

Au niveau local, dans des communes qui ont choisi l’autonomie Ă©nergĂ©tique, les batteries stationnaires changent la donne. Prenez le cas d’une petite ville en Mayenne qui a installĂ© un parc Ă©olien citoyen. En y adjoignant un container de batteries, elle peut lisser sa propre consommation et injecter sur le rĂ©seau national une puissance stable et prĂ©visible. Cela rĂ©duit la pression sur le rĂ©seau global et permet de mieux valoriser l’Ă©nergie produite localement. C’est une forme de rĂ©silience qui sĂ©duit de plus en plus de collectivitĂ©s locales soucieuses de leur facture Ă©nergĂ©tique.

Ces batteries ne servent pas qu’Ă  stocker. Elles fournissent aussi des services système cruciaux, comme le rĂ©glage de tension. Elles rĂ©agissent en quelques millisecondes, bien plus vite que n’importe quelle centrale thermique. Dans un monde oĂą la part des Ă©nergies renouvelables ne cesse de croĂ®tre, ces sentinelles Ă©lectroniques sont indispensables pour Ă©viter les micro-coupures qui pourraient endommager les Ă©quipements industriels sensibles. L’ingĂ©nierie moderne ne se contente plus de produire de la force brute, elle produit de la qualitĂ© de signal.

Stratégies de déploiement et vision prospective pour 2026

Le futur de la production d’Ă©nergie Ă©olienne ne se limite pas Ă  mettre plus de turbines, mais Ă  les mettre lĂ  oĂą elles sont les plus utiles. L’Ă©olien en mer, ou offshore, est la grande rĂ©volution de ces dernières annĂ©es. Pourquoi ? Parce que le vent en mer est beaucoup plus rĂ©gulier, plus puissant et subit moins de turbulences que sur terre. Le facteur de charge y est quasiment doublĂ©, ce qui rĂ©duit considĂ©rablement les problèmes d’intermittence. Une Ă©olienne en mer se rapproche de la rĂ©gularitĂ© d’une centrale de base, tout en restant une source propre.

Cependant, le coĂ»t et la complexitĂ© technique sont d’un autre ordre. Il faut construire des plateformes capables de rĂ©sister Ă  la corrosion saline et Ă  des tempĂŞtes dantesques, puis acheminer l’Ă©lectricitĂ© via des câbles sous-marins haute tension. Mais les gains en stabilitĂ© valent l’investissement. En 2026, la France a franchi un cap majeur dans ce domaine, avec des parcs gĂ©ants au large de ses trois façades maritimes. Cette stratĂ©gie permet de bĂ©nĂ©ficier d’un foisonnement maritime rĂ©el : il est très rare qu’il n’y ait pas de vent simultanĂ©ment en Manche, en Atlantique et en MĂ©diterranĂ©e.

Pour rĂ©ussir cette transition, nous devons aussi accepter que le paysage Ă©nergĂ©tique change. L’acceptabilitĂ© sociale passe par une meilleure explication des enjeux techniques. Expliquer que l’intermittence n’est pas un dĂ©faut mais une caractĂ©ristique physique que l’on sait gĂ©rer est essentiel. Les citoyens sont prĂŞts Ă  soutenir ces projets s’ils comprennent qu’ils font partie d’un plan global, cohĂ©rent et sĂ©curisĂ©. L’optimisation Ă©nergĂ©tique n’est pas qu’une affaire de turbines, c’est un projet de sociĂ©tĂ© qui demande de la clartĂ© et de la transparence de la part des experts et des dĂ©cideurs.

En fin de compte, l’objectif est d’atteindre une souverainetĂ© Ă©nergĂ©tique qui nous mette Ă  l’abri des crises gĂ©opolitiques. Chaque pas vers un mix Ă©olien bien gĂ©rĂ© est un pas vers une indĂ©pendance durable. Si vous voulez approfondir les bĂ©nĂ©fices Ă  long terme de ces choix, regardez comment les avantages et enjeux des Ă©nergies vertes se dessinent pour les annĂ©es Ă  venir. C’est passionnant de voir comment la technique se met au service de notre libertĂ© Ă©nergĂ©tique.

L’importance de la maintenance prĂ©dictive pour la disponibilitĂ©

Pour qu’un parc Ă©olien contribue efficacement au rĂ©seau, il doit ĂŞtre disponible le plus souvent possible. Une turbine arrĂŞtĂ©e pour une panne mineure pendant une pĂ©riode de grand vent est une perte sèche pour le système. C’est ici que la maintenance prĂ©dictive entre en jeu. Grâce Ă  des capteurs de vibrations et de tempĂ©rature placĂ©s sur les roulements et les gĂ©nĂ©ratrices, nous pouvons dĂ©tecter une faiblesse des semaines avant que la pièce ne casse. On planifie alors l’intervention un jour oĂą le vent est calme, maximisant ainsi la production d’Ă©nergie annuelle.

Cette approche rĂ©duit les coĂ»ts d’exploitation et augmente la fiabilitĂ© globale de la ressource. On ne subit plus la panne, on la devance. Dans le domaine de l’Ă©olien, le temps de rĂ©action est crucial. Une logistique bien huilĂ©e, avec des stocks de pièces dĂ©tachĂ©es stratĂ©giquement rĂ©partis et des Ă©quipes formĂ©es aux dernières technologies de rĂ©paration, est tout aussi importante que la force du vent elle-mĂŞme. C’est cette rigueur opĂ©rationnelle qui transforme une source d’Ă©nergie « verte » en une infrastructure industrielle solide et crĂ©dible sur le long terme.

Pourquoi dit-on que l’Ă©olien est intermittent alors que le vent souffle presque toujours ?

L’intermittence ne signifie pas l’absence totale de vent, mais son imprĂ©visibilitĂ© et sa variabilitĂ©. Une Ă©olienne ne produit pas de l’Ă©lectricitĂ© de façon constante Ă  sa puissance maximale. Elle dĂ©pend de la vitesse du vent qui doit ĂŞtre comprise entre environ 15 et 90 km/h pour fonctionner en toute sĂ©curitĂ©.

Le foisonnement permet-il de se passer totalement de centrales nucléaires ou à gaz ?

Malheureusement non. MĂŞme Ă  l’Ă©chelle d’un continent, le foisonnement n’Ă©limine pas les pĂ©riodes de calme plat gĂ©nĂ©ralisĂ©. Pour garantir l’approvisionnement 24h/24, il faut toujours des sources de secours pilotables ou des capacitĂ©s de stockage massives pour prendre le relais quand le vent tombe partout.

Comment les gestionnaires de réseaux évitent-ils les pannes lors des tempêtes ?

Lorsqu’un vent devient trop violent (gĂ©nĂ©ralement au-delĂ  de 90 km/h), les Ă©oliennes s’arrĂŞtent automatiquement pour Ă©viter des dommages structurels. Les gestionnaires anticipent ces arrĂŞts massifs grâce aux prĂ©visions mĂ©tĂ©o et prĂ©parent d’autres moyens de production pour compenser cette perte soudaine de puissance.

Quel est le rĂ´le du stockage dans la gestion de l’intermittence ?

Le stockage, via des batteries ou des barrages hydrauliques (STEP), sert de rĂ©servoir. Il absorbe l’Ă©lectricitĂ© en surplus quand le vent souffle fort mais que la demande est faible, et la restitue au moment opportun. C’est l’outil indispensable pour lisser la production et la rendre disponible quand nous en avons besoin.

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