Sénégal : les proches des martyrs refusent d’appuyer Macky Sall à l’ONU

L’échec d’une réconciliation de façade dans le paysage politique sénégalais

On ne construit rien de solide sur des fondations qui s’effritent et au Sénégal, le dossier des violences passées ressemble à une de ces malfaçons que l’on tente de dissimuler sous une couche de peinture fraîche. La visite récente de l’ancien président au palais de la République a agi comme un révélateur brutal de ces fissures structurelles que le temps n’a pas suffi à combler. Imaginez une maison où l’on vous demande de valider l’étanchéité du toit alors que le sous-sol est encore inondé par les dégâts des eaux des années précédentes. C’est exactement le sentiment qui prédomine chez les proches des victimes lorsqu’ils ont appris que leur ancien dirigeant sollicitait l’appui diplomatique du gouvernement actuel pour un poste de prestige à l’ONU.

Cette démarche de Macky Sall, bien que stratégiquement calculée pour assurer son avenir sur la scène internationale, se heurte à une réalité humaine que la diplomatie peine à intégrer dans ses tableurs Excel. Le refus des familles n’est pas seulement une posture de colère, c’est un diagnostic froid sur l’état de la justice dans le pays. Pour ces citoyens, l’engagement politique ne devrait pas servir de sauf-conduit ou de promotion après des périodes de turbulences majeures. On ne peut pas, d’un côté, parler de réconciliation nationale et, de l’autre, ignorer les appels à la reddition de comptes qui émanent de ceux qui ont tout perdu lors de chaque manifestation marquante de la période 2021-2024.

Prenez le cas de ces collectifs qui, loin des salons feutrés de New York, arpentent les rues de Dakar pour maintenir vivante la mémoire de ceux qu’ils appellent les martyrs. Leur opposition à cette candidature n’est pas une simple péripétie de calendrier. Elle représente un blocage technique majeur : comment un pays peut-il parrainer un candidat au poste de secrétaire général des Nations unies alors que sa propre population demande des comptes sur le respect des droits humains durant son mandat ? C’est une équation complexe où la logique de l’État se heurte à la morale des victimes, et dans ce genre de situation, le pragmatisme commande souvent d’écouter ceux qui portent les cicatrices du terrain plutôt que ceux qui rédigent les rapports officiels.

Le malaise est d’autant plus profond que la rencontre entre l’actuel chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, et son prédécesseur a été perçue par beaucoup comme une forme de trahison des idéaux de l’alternance. On ne répare pas un circuit électrique défaillant en changeant simplement l’interrupteur si les câbles sont encore dénudés. La politique sénégalaise traverse une phase de test de résistance où chaque décision concernant le passé immédiat pèse lourd sur la stabilité future. Pour les familles, voir l’homme qu’elles tiennent pour responsable de leur deuil s’envoler vers les sommets de la diplomatie mondiale sans être passé par la case explication devant les tribunaux est une pilule qu’aucune rhétorique de « grandeur nationale » ne pourra faire avaler.

La question qui brûle toutes les lèvres est de savoir si le Sénégal peut se permettre de porter cette candidature sur le plan international sans risquer sa propre crédibilité en matière de gouvernance. C’est un peu comme si un entrepreneur demandait une certification de qualité alors que ses chantiers précédents font l’objet de multiples litiges pour défaut de sécurité. Le risque de court-circuit diplomatique est réel, car l’ONU est censée incarner les valeurs universelles de justice et de paix. Si le parrainage national est accordé, il pourrait être perçu comme une prime à l’impunité, un signal désastreux pour tous ceux qui luttent pour que la force de la loi l’emporte sur la loi de la force.

Le poids des mémoires face aux ambitions de carrière internationale

Le retour de l’ancien président à Dakar n’était pas une simple visite de courtoisie mais une manœuvre de lobbying intense pour obtenir un blanc-seing national. Cependant, le terrain était miné. Les collectifs comme l’Initiative Zéro Impunité (IZI) ou le Collectif des victimes de Macky Sall ont immédiatement dressé un barrage moral. Ils rappellent que derrière les chiffres des rapports internationaux, il y a des visages, des familles brisées et une attente de justice qui ne se négocie pas contre un siège au Conseil de sécurité. La gestion d’une crise humaine ne se traite pas comme une simple rénovation thermique où l’on colmate les brèches avec un peu d’enduit.

Dans cette dynamique, les familles des martyrs jouent le rôle de sentinelles. Elles refusent que le récit national soit réécrit pour faciliter une transition de carrière. Pour elles, l’engagement de leur pays à l’ONU doit être porté par des figures dont le bilan en matière de droits humains est irréprochable. Cette exigence de pureté dans la représentativité est le reflet d’une souffrance qui n’a pas encore trouvé sa place dans le processus de deuil collectif. On ne peut pas demander à une victime de voter pour son bourreau présumé, même si c’est pour le bien de l’influence diplomatique du pays sur l’échiquier mondial.

L’héritage contesté des années de plomb et la quête de justice

Si l’on regarde de près le bilan des dernières années, on s’aperçoit que la structure sociale du pays a subi des chocs thermiques répétés. Entre 2021 et 2024, le Sénégal a connu des épisodes de manifestation d’une violence rare, laissant derrière eux des dizaines de morts et des centaines de blessés. Pour les ingénieurs de la paix sociale, ces événements sont des alertes critiques que l’on ne peut pas ignorer. Le terme de martyrs n’est pas utilisé à la légère par les familles ; il désigne ceux qui, selon elles, sont tombés pour la défense de la démocratie face à ce qu’elles considèrent comme une dérive autoritaire de l’ancien régime.

Le refus d’appuyer la candidature de Macky Sall à l’ONU s’enracine dans cette période douloureuse. Les proches des victimes estiment que soutenir cette ambition reviendrait à effacer les preuves d’une gestion sécuritaire jugée disproportionnée. Pour eux, la politique ne doit pas être un outil de blanchiment de réputation. Ils demandent que les enquêtes promises soient menées à terme avant que tout soutien officiel ne soit envisagé. C’est une question de cohérence : on ne peut pas prôner la justice internationale tout en gelant les procédures nationales. C’est un peu comme vouloir installer une climatisation dernier cri dans un bâtiment dont les fenêtres ne ferment plus : c’est un non-sens fonctionnel et éthique.

Les organisations de défense des droits humains soulignent que l’impunité est le pire ennemi de la stabilité à long terme. Chaque fois qu’un responsable échappe à ses responsabilités grâce à un nouveau poste ou une immunité diplomatique, c’est toute la structure de confiance entre l’État et le citoyen qui se fissure. Le cas de Macky Sall devient ainsi un test grandeur nature pour les nouvelles autorités sénégalaises. Vont-elles privilégier la solidarité entre pairs ou l’exigence de vérité réclamée par la base ? Le choix est cornélien, car il oppose une opportunité de visibilité pour l’Afrique à un besoin impérieux de justice pour le peuple sénégalais.

Voici une liste des revendications principales portées par les collectifs de victimes :

  • L’ouverture immédiate d’enquêtes indépendantes sur les décès survenus entre 2021 et 2024.
  • L’annulation de toute forme de soutien officiel du Sénégal à la candidature de l’ancien président à l’ONU.
  • La mise en place d’un fonds d’indemnisation transparent pour les familles des proches disparus.
  • La reconnaissance officielle par l’État du statut de martyrs pour les victimes des violences politiques.
  • La garantie qu’aucune amnistie ne viendra entraver le cours de la justice pénale.

Le député Guy Marius Sagna a d’ailleurs qualifié cette visite et cette demande de soutien de « troisième assassinat ». Cette métaphore forte illustre bien le sentiment de ré-victimisation ressenti sur le terrain. Pour ces acteurs de la société civile, l’engagement sincère du pays envers les Nations unies doit passer par une exemplarité domestique. On ne peut pas exporter un modèle de paix que l’on n’est pas capable d’appliquer chez soi. C’est une question de crédibilité de la signature du Sénégal sur les traités internationaux, une signature qui ne doit pas être utilisée pour couvrir des dossiers compromettants.

La bataille pour la vérité face au lobbying diplomatique

Le lobbying de Macky Sall ne se limite pas aux frontières sénégalaises. Nommé par le Burundi, il tente de se présenter comme le candidat de l’Union africaine. Cependant, cette étiquette est contestée par ceux qui voient en lui un leader ayant échoué à protéger les droits humains dans son propre pays. La diplomatie est un métier de réseaux, mais elle est aussi de plus en plus scrutée par une opinion publique connectée et exigeante. Les réseaux sociaux ont permis aux familles des victimes de porter leur voix jusqu’aux oreilles des décideurs à New York, rendant la tâche de l’ancien président beaucoup plus complexe qu’une simple élection administrative.

La stratégie des collectifs est de transformer ce qui devait être une marche triomphale en un parcours d’obstacles éthiques. En saisissant directement les instances de l’ONU via le collectif « NOMACKYFORUN », ils rappellent que l’organisation internationale a des standards que le candidat doit respecter. Ce n’est plus seulement une affaire intérieure sénégalaise, mais une question de jurisprudence mondiale sur le profil des dirigeants habilités à diriger les grandes institutions. Le Sénégal se retrouve ainsi au cœur d’un débat qui dépasse ses frontières : l’éthique peut-elle primer sur la Realpolitik ?

L’échiquier international et la concurrence pour le poste de Secrétaire général

Le poste de secrétaire général de l’ONU est sans doute l’un des plus difficiles au monde, exigeant une neutralité et une autorité morale sans faille. En 2026, la succession d’António Guterres attire des profils de haut vol, et Macky Sall se retrouve en compétition avec des figures dont le parcours est moins marqué par des controverses internes récentes. Dans ce contexte, chaque zone d’ombre dans le dossier d’un candidat est exploitée par ses concurrents. Le refus de sa propre population de le soutenir est une faille majeure dans son dossier de candidature, une sorte de vice caché qui pourrait refroidir les États membres les plus attachés aux principes de bonne gouvernance.

La présence de candidates comme Michelle Bachelet, ancienne présidente chilienne et haute-commissaire aux droits de l’homme, place la barre très haut. Bachelet dispose d’une légitimité internationale construite précisément sur la défense des droits humains et la gestion des transitions démocratiques. Face à elle, l’ancien dirigeant sénégalais doit justifier sa gestion des épisodes de manifestation et les accusations de répression. Dans une organisation qui cherche de plus en plus à se féminiser et à se réformer, le profil d’un ancien chef d’État africain contesté chez lui pourrait apparaître comme un choix risqué, voire anachronique.

Voici un aperçu de la compétition actuelle pour la direction des Nations unies :

Candidat Origine Atouts principaux Défis majeurs
Macky Sall Sénégal Expérience à l’Union africaine, poids diplomatique en Afrique. Contestations internes sur les droits humains et les victimes.
Michelle Bachelet Chili Ancienne Haut-Commissaire aux Droits de l’Homme, expérience présidentielle. Pression pour une rotation géographique hors Amérique latine.
Rafael Grossi Argentine Expertise technique (AIEA), profil diplomatique neutre. Moins de poids politique global que les anciens chefs d’État.
Rebeca Grynspan Costa Rica Soutien des partisans d’une femme à la tête de l’ONU, expérience économique. Candidature non encore officialisée par lettre de mission.

Le Conseil de sécurité, qui doit examiner ces candidatures avant la fin du mois de juillet, ne pourra pas ignorer le climat social qui règne à Dakar. Les diplomates sont comme des experts en structure : ils vérifient la solidité des appuis avant de valider un projet. Si le Sénégal, par la voix de ses citoyens et de ses proches de victimes, envoie un signal de défiance, cela pèsera lourdement dans la recommandation finale. L’ONU n’aime pas importer les crises nationales dans ses bureaux de New York. L’engagement pour la paix mondiale commence par la paix chez soi, et pour l’instant, le chantier de la réconciliation sénégalaise est loin d’être livré.

L’enjeu pour le Sénégal dépasse la simple réussite individuelle d’un homme. Il s’agit de savoir quelle image le pays veut projeter. Est-on une nation qui solde son passé au prix de promotions diplomatiques, ou une démocratie mûre qui place les droits humains au-dessus des ambitions personnelles ? Le refus des familles des martyrs force le gouvernement actuel à prendre ses responsabilités. On ne peut pas naviguer à vue dans ces eaux troubles. Le président Bassirou Diomaye Faye sait que son soutien ou son silence sera interprété comme un acte politique fondateur pour la suite de son propre mandat.

Le dilemme de la présidence actuelle face à l’héritage Sall

Soutenir la candidature de son prédécesseur pourrait être vu comme un geste de grandeur et de continuité diplomatique, mais cela risque de déconnecter le pouvoir de sa base électorale. Les partisans du parti Pastef, qui ont porté le nouveau régime au pouvoir, ont été les premiers à subir la répression. Pour eux, voir Macky Sall à l’ONU avec l’aval du Sénégal serait une aberration logique. C’est comme si un locataire acceptait de payer pour la rénovation de l’appartement du propriétaire qui vient de l’expulser sans motif. Le coût politique interne pourrait être bien supérieur aux bénéfices diplomatiques escomptés.

D’un autre côté, rejeter officiellement la candidature pourrait passer pour une vengeance politique sur la scène internationale, ce que le nouveau gouvernement souhaite éviter pour garder une image de stabilité. C’est ici que l’ingénierie politique devient subtile. Il faut trouver un équilibre entre le respect des engagements internationaux et la satisfaction des exigences de justice nationale. La solution réside peut-être dans une neutralité stricte, laissant l’ancien président mener sa campagne sans l’appui actif mais sans sabotage frontal de l’État, tout en laissant la justice suivre son cours de manière indépendante.

L’impact humanitaire et le cri du cœur des familles endeuillées

Derrière chaque manifestation, il y a des trajectoires de vie qui s’arrêtent net. Au Sénégal, le traumatisme des dernières années est encore à vif. Les proches des victimes ne parlent pas de géopolitique ou de rapports de force à l’Assemblée générale des Nations unies. Ils parlent de fils disparus, de pères emprisonnés et de l’absence totale de reconnaissance de leur douleur. Leur refus d’appuyer Macky Sall est un acte de dignité. Pour eux, l’engagement d’un leader se mesure à sa capacité à protéger sa propre population, pas à sa capacité à briller dans des conférences internationales sur le climat ou la paix en Europe.

Le témoignage de Boubacar Sèye, président de l’Association des familles des martyrs, est à cet égard poignant. Il rappelle que la période Sall restera comme l’une des plus douloureuses de l’histoire moderne du pays. Le terme de « martyrs » est ici utilisé comme un bouclier contre l’oubli. Dans une société où la parole des anciens et le respect des défunts sont sacrés, ignorer cet appel au nom d’un poste à l’ONU est un risque social majeur. C’est comme ignorer une fuite de gaz dans une cuisine sous prétexte qu’on doit préparer un grand dîner de gala : l’explosion est inévitable si on ne traite pas le problème à la source.

La question des droits humains au Sénégal a fait l’objet de plusieurs rapports alarmants de la part d’Amnesty International et d’autres organismes. Ces documents sont désormais les pièces à conviction d’une partie de la population qui se sent abandonnée par la machine judiciaire. Pour ces citoyens, la politique de l’ancien régime a été marquée par un excès de zèle sécuritaire qui a brisé le contrat social. En demandant des comptes, ils ne cherchent pas le conflit, mais la réparation d’une structure démocratique qu’ils estiment endommagée par des années de tensions permanentes.

Considérons les points suivants pour comprendre l’ampleur du fossé social :

  • Le sentiment d’une justice à deux vitesses où les dignitaires bénéficient de la clémence diplomatique.
  • Le décalage entre le discours de « panafricanisme » de l’ancien président et sa pratique du pouvoir interne.
  • L’absence de dialogue direct entre l’ex-pouvoir et les collectifs de victimes avant son départ.
  • La crainte que l’accession au poste de secrétaire général de l’ONU n’offre une immunité de fait.
  • Le besoin viscéral de vérité pour permettre aux familles de faire leur deuil.

Le projet « NOMACKYFORUN » est le symbole de cette résistance citoyenne. Il montre que la société civile sénégalaise est devenue une actrice globale, capable de porter ses revendications sur la scène mondiale. Ce mouvement n’est pas coordonné par des partis politiques, mais par des citoyens ordinaires qui ont compris que l’influence internationale d’un homme politique dépend aussi de sa légitimité chez lui. C’est une leçon d’ingénierie citoyenne : on ne peut pas construire un gratte-ciel si le terrain sur lequel il repose fait l’objet de multiples recours en justice pour malfaçons graves.

La responsabilité morale de la communauté internationale

Les Nations unies, en tant que gardiennes des valeurs universelles, sont également mises devant leurs responsabilités. Peuvent-elles accepter un candidat dont l’image est si lourdement ternie par des accusations de violation des droits humains ? Le processus de sélection, qui sera lancé formellement par le Conseil de sécurité, devra intégrer ces dimensions. L’opinion publique sénégalaise observe avec attention la réaction des grandes puissances. Un soutien aveugle à Macky Sall serait interprété comme un mépris pour les aspirations démocratiques du peuple sénégalais et pour les martyrs des années passées.

Ce dossier est une illustration parfaite de la tension entre la diplomatie traditionnelle et la diplomatie des peuples. D’un côté, des chefs d’État qui se soutiennent par solidarité de caste ; de l’autre, des populations qui exigent que les valeurs affichées dans les chartes internationales soient appliquées concrètement. Le Sénégal se retrouve à la pointe de ce combat, montrant que même un ancien président respecté à l’étranger peut être contesté sur sa base s’il n’a pas su garantir la sécurité et la justice pour tous lors de chaque manifestation majeure.

Vers une issue incertaine entre diplomatie et mémoire nationale

L’avenir de la candidature de Macky Sall semble désormais suspendu à un fil, ou plutôt à une série de décisions qui devront être prises dans un climat de haute tension. La politique étrangère du Sénégal est à la croisée des chemins. D’un côté, il y a la tentation de clore ce chapitre en envoyant l’ancien président à New York, espérant que l’éloignement apaisera les tensions. De l’autre, il y a l’exigence de vérité qui ne faiblit pas. On ne résout pas un problème de structure en déplaçant le mobilier ; il faut parfois accepter de démolir ce qui est toxique pour reconstruire sur des bases saines.

Le refus des proches des victimes est un signal puissant qui rappelle que la paix sociale a un prix : celui de la justice. Si le gouvernement actuel décide d’appuyer cette candidature, il devra s’attendre à une levée de boucliers interne qui pourrait fragiliser son propre engagement envers le peuple. L’ONU est un objectif prestigieux, mais la stabilité du pays est un impératif vital. Les ingénieurs du social savent qu’une surcharge sur un point d’appui fragile peut entraîner l’effondrement de tout l’édifice. Le cas de l’ancien président est ce point critique qui cristallise toutes les passions et toutes les attentes du Sénégal post-alternance.

Il est probable que les semaines à venir soient marquées par d’autres mobilisations. Les familles des martyrs n’ont pas l’intention de baisser les bras. Elles demandent que le Sénégal reste fidèle à sa tradition de terre de justice et de respect des droits humains. Pour elles, porter cette candidature serait une erreur historique, un défaut de conception dans la nouvelle architecture démocratique du pays. Le message est clair : aucune promotion internationale ne vaut le sacrifice de la vérité nationale. C’est une question de respect pour ceux qui sont tombés et pour ceux qui continuent de porter le flambeau de la demande de justice.

En fin de compte, la réussite ou l’échec de cette ambition diplomatique dépendra de la capacité du Sénégal à traiter ses propres blessures. Si le pays parvient à instaurer un dialogue sincère et à lancer les procédures judiciaires nécessaires, le débat sur l’ONU pourra peut-être s’apaiser. Mais tant que les proches se sentiront ignorés, chaque pas de l’ancien président vers l’international sera perçu comme un affront de plus. Le secret d’une bonne rénovation, qu’elle soit énergétique ou politique, réside dans l’honnêteté du diagnostic initial. On ne peut pas avancer si l’on refuse de voir ce qui ne va pas dans le moteur même de notre démocratie.

Pourquoi les familles des victimes s’opposent-elles à Macky Sall à l’ONU ?

Les proches estiment que soutenir cette candidature reviendrait à ignorer les violences survenues sous son mandat et à accorder une impunité de fait à l’ancien président alors que des enquêtes sur les décès de manifestants sont attendues.

Quel est le rôle du Burundi dans cette candidature ?

Le Burundi assure actuellement la présidence de l’Union africaine et a officiellement proposé la candidature de Macky Sall pour porter la voix du continent à la tête des Nations unies.

Quelles sont les chances de Macky Sall face aux autres candidats ?

Malgré son expérience internationale, la contestation interne et l’émergence de candidates fortes comme Michelle Bachelet, prônant une gestion plus axée sur les droits humains, affaiblissent sa position sur l’échiquier mondial.

Quelle est la position actuelle du gouvernement sénégalais ?

Le président Bassirou Diomaye Faye a reçu son prédécesseur au palais, mais il doit composer avec une base électorale et des députés comme Guy Marius Sagna qui rejettent fermement tout soutien officiel à cette candidature.

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